Gabrielle
Quelque pas hésitants... pas trop sûr d’elle, Alice met un pied devant l’autre....elle a fait trois pas... son cœur bat, il bat si fort qu’elle à l’impression qu’il résonne dans toute la salle. Pourtant il y a du bruit, beaucoup de bruits, des rires, des cris, et un piano où l’on joue plusieurs morceaux en même temps sans s’écouter... c’est une cacophonie comme toujours...
Soudain Gabrielle avance vers elle... Alice la regarde, et comme à chacun de ses regards, elle l’a voit comme si c’était la première fois qu’elle posait ses yeux sur elle, et elle s’émerveille... mon dieu que cette femme est belle... La poitrine d’Alice se soulève de plus en plus rapidement et quand Gabrielle l’appelle, Alice a le souffle coupé, elle retient sa respiration. Chaque seconde est un enchantement. Elle déglutit. Puis, essaye une réponse et à sa surprise, sa voix est claire, c’est souvent comme cela... elle redoute que sa langue ne reste collée à son palais pourtant elle est toujours obéissante. Alors la conversation s’engage, les mots de Gabrielle glissent et l’enivre... elle n’arrive pas à saisir toutes ses phrases, surtout quand elle regarde le bleu indéfinissable derrière ses lunettes...
Mais bon sang, qu’est-ce qui se passe à chaque fois?... Ses mains et sa voix commencent à trembler... c’est toujours pareille, toujours le même manège... et c’est toujours aussi fort... Parfois Gabrielle lui pose des questions... Alice noyée dans ces prunelles azures, s’oblige à détourner le regarde pour pouvoir se concentrer et répondre quelque chose de cohérant. Elle ne sait pas si sa gêne est décelable mais Gabrielle ne montre rien... Elle parle et explique, seigneur que ses paroles sont compliquées ! Elle disserte sur un problème que, même seule, Alice n’arrive pas à comprendre alors ; essayer de réfléchir sur cela, en plus en sa présence... c’est chose parfaitement absurde... Mais Alice se débats comme elle peut et essaye de tenir le rythme... essaie de se concentrer sur autre chose que sur son visage, sa présence... son être...
Gabrielle, fait entendre sa voix mélodieuse encore et encore, avec tous ses gestes propre à elle, son énergie incroyable... une fois même elle a presque touché l’épaule d’Alice... Tout cela est si troublant... et pourtant tellement banal pour son entourage... Alice, s’est complètement perdue, s’abandonne quelque secondes à sa contemplation, des violons tourbillonnent et s’enlacent dans sa tête, c’est Pachelbel qui complète la magie du moment avec un magnifique canon...
Quelle erreur! Elle a perdu le fil... Mais comment diable Gabrielle fait-elle pour ne pas s’essouffler ? Elle est tout simplement extraordinaire... avec une telle énergie, mais en même temps, bien posée sur terre. C’est une femme, une vraie, qui sait la vie et qui sourit, avec ce sourire qui ouvre deux parenthèses et qui rehausse ses joues, fait pétiller ses yeux, ou parfois les lui remplis de douceur.
Gabrielle, Gabrielle...
Esprit Evadé
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